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Préparer Noël

Pull moche de Noël : d’où vient vraiment cette tradition ?

Publié le 30 novembre 2022 Par Claire Noël Mis à jour le 20 août 2026
Une famille en pull moche de Noël. D'où vient cette tradition

L’essentiel à retenir 🎄

Le pull moche de Noël n’est pas une tradition centenaire : c’est une mode née dans les années 1950, devenue kitsch dans les années 1980, puis relancée au second degré au début des années 2000. Deux images ont tout déclenché : le pull à renne de Colin Firth dans Le Journal de Bridget Jones (2001) et la première Ugly Christmas Sweater Party, organisée à Vancouver en 2002. Aujourd’hui, il sert autant à faire rire la famille qu’à récolter des dons pendant les fêtes.

Chaque hiver, il refait surface dans les placards, les bureaux et les repas de famille : le pull moche de Noël, avec ses rennes disproportionnés, ses guirlandes en relief et ses sapins clignotants. On le croit souvent hérité d’une vieille coutume américaine transmise de génération en génération. La réalité est bien plus drôle, et bien plus récente.

Ce vêtement a d’abord été porté au premier degré, avant de devenir la cible des moqueries, puis un déguisement assumé que des millions de familles ressortent en décembre. Voici comment un pull tricoté sans arrière-pensée est devenu un phénomène mondial, avec ses films cultes, ses soirées costumées et même ses records homologués.

Non, le pull de Noël n’est pas une tradition centenaire

Première mise au point : aucune coutume ancienne n’impose de porter un pull à motifs le 25 décembre. Les premiers pulls de Noël apparaissent dans les pays anglo-saxons au milieu du XXe siècle, portés au premier degré, sans la moindre ironie.

Dans les années 1950, l’essor de la maille industrielle et le goût de l’après-guerre pour les fêtes en famille popularisent ce que les Américains appellent les Jingle Bell sweaters. Ces modèles n’ont rien d’outrancier : flocons, motifs géométriques, rennes stylisés, dans des tons sages. On les porte comme un vêtement d’hiver, pas comme une blague.

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Pull de Noël traditionnel des années 1950 à motifs géométriques

Le virage se produit dans les années 1980. Les couleurs explosent, les motifs se superposent, pompons et grelots s’invitent sur la maille. La télévision américaine diffuse cette esthétique bariolée dans tous les salons, avec des séries comme le Cosby Show dont les pulls extravagants sont restés un symbole de l’époque. Le pull de Noël devient franchement chargé, sans que personne n’y voie encore une plaisanterie.

1989 : Chevy Chase installe le ridicule au cinéma

Le basculement vers le second degré passe par le cinéma. En 1989, la comédie Le Sapin a les boules (National Lampoon’s Christmas Vacation) met en scène Chevy Chase et sa famille dans des tenues de fêtes calamiteuses. Le film devient un classique rediffusé chaque décembre, et ses pulls entrent dans la culture populaire comme l’archétype du mauvais goût de Noël.

À partir de là, le pull quitte le rayon vêtement pour rejoindre le registre du gag visuel, au même titre que les films de Noël à regarder en famille qui tournent en boucle pendant les vacances scolaires.

2001 : le renne de Colin Firth dans Le Journal de Bridget Jones

L’image qui fixe définitivement le pull moche dans les mémoires arrive en 2001 avec Le Journal de Bridget Jones. Colin Firth, dans le rôle de Mark Darcy, y apparaît avec un pull vert orné d’une énorme tête de renne, tricoté par sa mère.

Colin Firth en pull de Noël vert à tête de renne dans Le Journal de Bridget Jones
Le pull à renne de Mark Darcy, scène devenue culte du Journal de Bridget Jones

Contrairement à ce qu’on lit partout, ce n’est pas un film de Noël et la scène ne se passe pas le 25 décembre : elle se déroule au buffet de curry de dinde du Nouvel An, chez les parents de Bridget. Le pull sert à camper un personnage guindé et maladroit. Le public, lui, retient surtout le vêtement, et l’idée qu’un pull affreux peut être terriblement attachant.

2002 : la première Ugly Christmas Sweater Party, à Vancouver

La fête, elle, est canadienne. En 2002, à Coquitlam, dans la région de Vancouver, deux amis, Chris Boyd et Jordan Birch, organisent chez un copain une soirée où chacun doit venir avec le pull de Noël le plus laid possible. Une trentaine de personnes répondent présent.

L’idée fait boule de neige. La soirée grossit d’année en année jusqu’à remplir une salle de concert de Vancouver, et le concept d’Ugly Christmas Sweater Party gagne les campus américains, puis les bureaux du monde entier. C’est de là que vient la tradition telle qu’on la connaît, pas d’un folklore ancestral.

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Du second degré au plaisir sincère

Pendant quelques années, on porte le pull moche pour rire : on chine des modèles des années 1980 en friperie, plus ils sont laids, mieux c’est. Puis les marques s’emparent du filon et fabriquent directement des pulls conçus pour être affreux, ce qui change la donne.

La moquerie s’est peu à peu transformée en attachement sincère. Beaucoup de familles ressortent aujourd’hui le même pull chaque hiver, le prennent en photo, l’assortissent aux enfants et parfois au chien. Le vêtement a rejoint les rituels de décembre, aux côtés du sapin, du repas du réveillon et des chaussettes de Noël accrochées à la cheminée.

Le pull de Noël le plus moche du monde existe-t-il ?

Il n’existe pas de titre officiel du pull le plus moche : le jugement est subjectif, et c’est tout l’intérêt du jeu. Les modèles les plus recherchés cumulent en général plusieurs ingrédients : un motif en relief (pompons, grelots, guirlande cousue), des couleurs qui jurent, une scène surchargée avec renne, sapin, Père Noël et flocons sur le même torse, et si possible un accessoire lumineux.

Les records, en revanche, sont bien réels. Le Guinness World Records homologue le plus grand rassemblement de personnes en pull de Noël : 3 473 spectateurs réunis lors d’un match de basket de l’université du Kansas, en décembre 2015.

Le Christmas Jumper Day, la version caritative britannique

Au Royaume-Uni, le pull de Noël a pris un tour solidaire. Depuis 2012, l’association Save the Children organise le Christmas Jumper Day : écoles, bureaux et clubs sportifs enfilent leur pull le plus festif un jour de décembre et versent une petite participation. L’opération a permis de récolter plusieurs dizaines de millions de livres depuis sa création.

Les Britanniques ont l’art de transformer un détail de Noël en institution nationale, comme avec les christmas crackers que l’on fait claquer à table le 25 décembre.

Et la date de la journée du pull moche de Noël ?

La journée dédiée existe bel et bien et tombe un vendredi de décembre. Nous lui consacrons un article complet : la date exacte, la règle de calcul et les looks du moment se trouvent dans notre guide de la journée du pull moche de Noël.

L’envers du décor : acrylique et fast fashion

Le succès a son revers. Une étude publiée en 2019 par l’association britannique Hubbub, portant sur 108 pulls de Noël vendus par onze enseignes, a montré que 95 % d’entre eux contenaient du plastique, l’acrylique arrivant largement en tête. Ces fibres relâchent des microfibres à chaque passage en machine.

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La parade est simple et plutôt joyeuse : garder le même pull plusieurs hivers, l’acheter d’occasion, se le prêter entre cousins, ou customiser un vieux pull uni avec de la feutrine, quelques pompons et un pistolet à colle. Un pull moche fabriqué en famille marque toujours plus de points qu’un modèle acheté la veille.

Le pull moche aujourd’hui : des rennes aux héros de manga

Les motifs ont suivi la culture pop. On trouve désormais des pulls de Noël manga à l’effigie des héros de One Piece, Dragon Ball ou Pokémon, des modèles inspirés des séries du moment, des versions assorties pour toute la famille et même pour le chien.

Le pull ne règne plus seul sur la panoplie. Pour compléter la tenue, on croise aussi :

  • Des chaussettes de Noël
  • Des T-Shirts
  • Des bonnets
  • Des écharpes
  • Des moufles
  • Des pantoufles ou des chaussons

Assortir plusieurs de ces pièces reste le meilleur moyen d’obtenir la tenue la plus chargée de la soirée, et les enfants en redemandent chaque année.

Si vous cherchez un modèle précis, notre sélection de pulls de Noël pour femme, homme et famille détaille les coupes, les tailles et les ensembles assortis.

Foire aux questions

Les premiers pulls de Noël datent des années 1950, mais ils étaient alors sobres et portés très sérieusement. Le pull volontairement moche, enfilé pour amuser la galerie, n’apparaît qu’au début des années 2000.

Le pull de Noël est bien né dans les pays anglo-saxons, États-Unis en tête. La fête déguisée qui a lancé la mode, elle, est canadienne : elle est née près de Vancouver en 2002.

Deux films comptent surtout. Le Sapin a les boules, en 1989, installe le pull ridicule au cinéma, et Le Journal de Bridget Jones, en 2001, offre l’image la plus célèbre avec le pull à tête de renne de Colin Firth.

C’est une soirée où chaque invité arrive avec le pull de Noël le plus laid qu’il a pu trouver. La première a réuni une trentaine d’amis au Canada en 2002, avant de devenir un classique des fêtes de bureau et de fin d’année.

Parce qu’ils accumulent tout ce qu’on évite d’habitude : couleurs criardes, motifs superposés, reliefs en pompons et grelots. Le mauvais goût est assumé, c’est même le critère de réussite du vêtement.

C’est une journée caritative lancée en 2012 par l’association Save the Children au Royaume-Uni. Écoles et entreprises viennent en pull de Noël et versent une petite somme au profit des enfants.

Beaucoup sont fabriqués en acrylique, une fibre plastique qui relâche des microfibres au lavage : une étude britannique de 2019 en a trouvé dans 95 % des modèles testés. Garder le même pull plusieurs années ou l’acheter d’occasion reste la meilleure option.

Partez d’un vieux pull uni et collez-y de la feutrine, des pompons, des grelots et une guirlande légère. Plus les éléments s’accumulent et se contredisent, plus le résultat fait mouche le soir de la fête.

Claire Noël

Rédactrice principale de combiendejoursavantnoel.com. Passionnée de Noël depuis toujours, je réinvente chaque année la déco de ma maison autour d'un nouveau thème et je régale mes proches de sablés de Noël. Je partage ici mes traditions, recettes et idées testées chez moi pour que la magie de décembre dure le plus longtemps possible.

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