Il reste 173 jours avant Noël, et aujourd’hui nous vous emmenons à la rencontre d’une vedette discrète des fêtes de fin d’année : le gui de Noël. Cette petite plante aux feuilles d’un vert tendre et aux baies blanches translucides se glisse chaque hiver dans nos maisons. On la suspend au-dessus d’une porte, on rit un peu, et soudain tout le monde se demande qui osera le premier baiser. Mais d’où vient cette drôle de coutume, et pourquoi le gui a-t-il traversé les siècles pour devenir un symbole de chance et d’amour ?
Derrière cette branche accrochée en hauteur se cache l’une des plus anciennes traditions de Noël, bien plus vieille que le sapin illuminé ou la bûche du réveillon. Petit voyage dans le temps pour comprendre le gui, ses légendes et le fameux baiser qui va avec.
L’essentiel à retenir 🎄
Le gui de Noël est une plante que l’on suspend chez soi pour s’offrir un baiser porte-bonheur pendant les fêtes. Sacré chez les druides celtes et présent dans les légendes nordiques, il symbolise l’amour, la paix et la chance. Le baiser sous le gui s’est popularisé en Angleterre, tandis qu’en France l’expression « au gui l’an neuf » l’associe au Nouvel An. Attention : ses baies blanches sont toxiques, mieux vaut l’accrocher hors de portée des enfants et des animaux.
Le gui, une plante sacrée chez les druides celtes
Pour comprendre le gui, il faut remonter très loin, bien avant le sapin et la dinde de Noël. Chez les Celtes, et particulièrement chez les druides gaulois, le gui était une plante sacrée. Le naturaliste romain Pline l’Ancien raconte que rien n’était plus précieux à leurs yeux que le gui poussant sur un chêne. Ils le récoltaient lors d’une cérémonie solennelle, en grimpant à l’arbre pour le couper avec une serpe d’or, puis en le recueillant dans un drap blanc immaculé afin qu’il ne touche pas le sol et ne perde pas ses vertus. On lui prêtait le pouvoir de guérir, de protéger du mal et de favoriser la fertilité. Une plante qui restait verte et donnait ses baies en plein cœur de l’hiver avait forcément quelque chose de spécial.
Le gui dans les légendes nordiques : Baldr et Frigg
Du côté des peuples nordiques, le gui occupe une place tout aussi marquante dans les légendes. Une histoire raconte que Baldr, dieu de la lumière et de la bonté, fut tué par une flèche taillée dans du gui, la seule plante à laquelle sa mère, la déesse Frigg, avait oublié de faire promettre de l’épargner. Selon la version popularisée de ce mythe, les larmes que Frigg versa se changèrent en baies blanches, et elle fit alors du gui un symbole d’amour et de paix, promettant un baiser à quiconque passerait dessous. Dans les récits nordiques d’origine, Baldr ne ressuscite pas, mais cette jolie relecture explique bien pourquoi la plante porte aujourd’hui tant de tendresse.
Le baiser sous le gui, une coutume venue d’Angleterre
Le baiser sous le gui tel qu’on le pratique aujourd’hui est en réalité une tradition assez récente. Elle apparaît en Angleterre au dix-huitième siècle, puis se répand largement dans les salons à l’époque victorienne, au dix-neuvième siècle. Les règles de bienséance étaient strictes, et le gui offrait aux jeunes gens une occasion bien commode de se rapprocher sans froisser les bonnes manières. Refuser un baiser sous le gui passait même pour porter malchance. La coutume voulait que l’on retire une baie blanche après chaque baiser, et que les bisous cessent une fois la dernière baie cueillie.
« Au gui l’an neuf » : le gui et le Nouvel An en France
En France, le gui est aussi associé au passage à la nouvelle année. On s’embrasse volontiers sous une branche le soir du Nouvel An en se souhaitant bonheur et prospérité. L’expression « au gui l’an neuf », héritée de très anciennes salutations, rappelle ce lien entre la plante et les vœux du premier janvier. C’est l’un de ces petits gestes qui rythment les fêtes, au même titre que les chaussettes suspendues à la cheminée.
Une plante parasite aux baies toxiques : les précautions
Le gui a beau être charmant, c’est en réalité une plante parasite : il s’accroche aux branches d’arbres comme le pommier, le peuplier ou le chêne, et puise une partie de sa sève dans son hôte. Voilà pourquoi on le repère facilement en hiver, formant de grosses boules vertes dans les arbres dénudés. Une petite précision pour les familles : ses baies sont toxiques en cas d’ingestion. Mieux vaut le suspendre bien en hauteur, hors de portée des enfants et des animaux, et profiter de sa magie avec les yeux et le sourire plutôt qu’avec les doigts.
Accrocher du gui chez vous pour les fêtes
Alors cette année, pourquoi ne pas accrocher une jolie branche de gui dans votre entrée ? Les enfants adorent guetter qui va se faire surprendre, et c’est une façon toute douce de réchauffer l’ambiance des fêtes, à glisser parmi vos traditions familiales autour de la table de Noël. Choisissez une branche bien verte, gardez-la à l’écart des radiateurs pour qu’elle tienne plus longtemps, et le tour est joué. Le compte à rebours continue, et chaque jour nous rapproche un peu plus de la magie de Noël.
Foire aux questions sur le gui de Noël
Le gui est depuis longtemps un symbole d’amour, de paix et de chance, hérité des légendes celtiques et nordiques. La coutume du baiser s’est ensuite ancrée en Angleterre : passer sous une branche de gui, c’est s’offrir un bisou porte-bonheur pendant les fêtes.
Oui, les baies blanches du gui sont toxiques en cas d’ingestion. Mieux vaut suspendre la branche en hauteur, hors de portée des jeunes enfants et des animaux de compagnie, et ne jamais laisser tomber de baies au sol.
C’est une très ancienne formule de vœux associée au gui et au passage à la nouvelle année. En France, on s’embrasse volontiers sous une branche le soir du Nouvel An en se souhaitant bonheur et prospérité pour les douze mois à venir.
Le gui a des feuilles d’un vert tendre et des baies blanches translucides, tandis que le houx porte des feuilles piquantes vert foncé et des baies rouges. Les deux décorent les maisons à Noël, mais seul le gui est lié au baiser des fêtes.
Oui. Le gui pousse accroché aux branches d’arbres comme le pommier, le peuplier ou le chêne, et y puise une partie de sa sève. On le remarque facilement en hiver, formant de grosses boules vertes dans les arbres sans feuilles.
Choisissez une branche bien verte et tenez-la à l’écart des sources de chaleur comme les radiateurs. Elle gardera ainsi sa fraîcheur plusieurs semaines ; un léger jaunissement des feuilles avec le temps est tout à fait normal.

