Les traditions de Noël à travers le monde, pays par pays

L’essentiel à retenir 🎄
Les traditions de Noël dans le monde ne tiennent pas toutes au 25 décembre : saint Nicolas le 6, Sainte-Lucie le 13, les Rois Mages le 6 janvier, le Noël orthodoxe le 7. Les Philippines décorent dès septembre, l’Allemagne aligne plus de 3 000 marchés, la Colombie allume ses bougies le 7 décembre. Le Père Noël change aussi de nom : Santa Claus, Babbo Natale, Ded Moroz, Joulupukki. De quoi piocher une nouvelle coutume à tester en famille cette année.
Noël est cette période de l’année où les maisons s’illuminent de mille feux, où les rues se parent de leurs plus belles décorations et où les enfants guettent le passage du père Noël. Mais saviez-vous que les traditions de Noël dans le monde changent du tout au tout d’un pays à l’autre ? En France, nous avons nos propres coutumes ; ailleurs, on décore dès septembre, on mange du poulet frit ou on se rend à la messe en rollers.
Voici le tour du monde complet, région par région : plus de trente pays, les dates de fête qui varient du 6 décembre au 7 janvier, les noms du Père Noël selon les langues, et les champions des illuminations. De quoi occuper toute une soirée de décembre en famille.
Quels pays décorent le plus pour Noël ?
Aucun classement officiel ne mesure la quantité de guirlandes par habitant, alors méfiez-vous des palmarès tout faits. Quelques pays reviennent malgré tout dans toutes les listes, avec des faits concrets pour le justifier : durée de la saison, budget consacré aux décorations de Noël, quartiers entiers transformés en parcours lumineux.
Les Philippines, le Noël le plus long du monde
Dès le 1er septembre, l’archipel entre dans ce que les Philippins appellent les ber months, les mois qui se terminent en « ber » : septembre, octobre, novembre, décembre. Les radios passent les chants de Noël, les centres commerciaux sortent les guirlandes, et la saison ne s’achève qu’en janvier. C’est la plus longue saison de Noël au monde, quatre mois de fête.
La star de la décoration philippine, c’est le parol, une lanterne en forme d’étoile qui rappelle l’étoile de Bethléem. La ville de San Fernando, dans la province de Pampanga, organise chaque mi-décembre son Giant Lantern Festival, où les quartiers s’affrontent à coups de lanternes géantes de plusieurs mètres de diamètre. Elle y a gagné son surnom de capitale philippine de Noël.
Les États-Unis et leurs quartiers illuminés
Outre-Atlantique, les décorations sortent dès le lendemain de Thanksgiving. La National Retail Federation chiffre chaque année autour de 260 dollars par personne le budget des achats de fin d’année hors cadeaux : décorations, nourriture de fête et cartes de vœux. À Brooklyn, le quartier de Dyker Heights est devenu une attraction touristique à part entière, avec des façades entièrement habillées de lumières, des casse-noisettes grandeur nature et des familles qui dépensent plusieurs milliers de dollars pour la plus belle maison de la rue.
L’Allemagne et l’Autriche, le royaume des marchés de Noël
Plus de 3 000 marchés de Noël ouvrent chaque année en Allemagne, du plus petit village aux géants de Nuremberg, Dresde ou Cologne. L’Autriche suit de près avec Vienne et Salzbourg. Chalets en bois, odeur de pain d’épices, sapins illuminés : si vous cherchez où emmener les enfants, regardez du côté des plus beaux marchés de Noël d’Europe.
La Colombie et la nuit des petites bougies
En Colombie, la saison s’ouvre le 7 décembre au soir avec le Día de las Velitas, la nuit des petites bougies, veille de l’Immaculée Conception. Les familles alignent bougies et lanternes devant les maisons, sur les trottoirs et aux balcons. À Medellín, la même nuit lance les fameux alumbrados, des installations lumineuses géantes le long du fleuve qui restent allumées tout le mois de décembre.
Le Royaume-Uni et ses rues piquantes de lumières
Les Britanniques prennent les illuminations très au sérieux. Oxford Street et Regent Street à Londres allument leurs guirlandes dès la première quinzaine de novembre, et chaque ville y va de sa cérémonie officielle d’allumage, le Christmas lights switch-on, souvent confiée à une célébrité locale.
Les traditions de Noël en Europe
En Europe, les traditions de Noël varient d’un pays à l’autre. Chaque famille européenne a sa propre façon de célébrer cette fête, et parfois même sa propre date.
En France, la messe de minuit et le repas du réveillon restent les deux piliers de la soirée du 24 décembre, avec la bûche en point d’orgue. Dans l’Est et le Nord, la Saint-Nicolas du 6 décembre reste très suivie, et les marchés de Noël en France attirent chaque hiver des millions de visiteurs.
Les festivités de Noël en Grèce débutent le 6 décembre, jour de la Saint-Nicolas, et courent jusqu’au 6 janvier. Les familles y illuminent un petit bateau, le karavaki, hérité des traditions maritimes du pays. Les cadeaux, eux, n’arrivent que le 1er janvier, apportés par saint Basile.
En Italie, les enfants attendent la Befana, une vieille dame sur son balai qui dépose bonbons et charbon en sucre dans la nuit du 5 au 6 janvier. Si le personnage vous intrigue, l’histoire de la bonne sorcière italienne vaut le détour.
Noël au Royaume-Uni : Christmas pudding, crackers et Boxing Day
Au Royaume-Uni, Noël est marqué par une série de traditions uniques, dont certaines remontent à plusieurs siècles. Le Père Noël est bien sûr présent, mais c’est sous le nom de Father Christmas qu’il est attendu par les enfants.
L’un des éléments clés du Noël britannique est le fameux Christmas pudding. Ce dessert, préparé des semaines à l’avance, est un gâteau très riche en fruits secs et en épices, que l’on fait flamber devant les convives le jour de Noël. À table, chacun tire aussi son Christmas cracker, ces papillotes en carton qui claquent et libèrent une couronne en papier.
Le lendemain vient le Boxing Day, le 26 décembre. Son nom vient des boxes, ces boîtes que les familles aisées remettaient à leurs employés le jour suivant Noël, et des troncs à aumônes des églises ouverts à cette date pour être distribués aux plus pauvres. Aujourd’hui, ce jour férié est surtout connu pour ses soldes monstres et ses matchs de football. On le retrouve aussi en Irlande, au Canada, en Australie, en Nouvelle-Zélande et en Afrique du Sud.
Noël en Espagne et en Catalogne : les rois mages et le Caga Tió
En Espagne, Noël reste une fête religieuse importante et la messe de minuit, la Misa del Gallo, en est un moment fort. Le 5 janvier au soir, les grandes villes organisent la Cabalgata de Reyes, une cavalcade où les Trois Rois Mages défilent sur des chars illuminés en lançant des bonbons à la foule d’enfants.
Car les enfants espagnols doivent patienter jusqu’au 6 janvier, jour de l’Épiphanie, pour recevoir leurs cadeaux. Ce sont les Rois Mages, et non le Père Noël, qui récompensent les enfants sages. Côté repas, on retrouve le turrón (nougat) et le polvorón, un sablé qui s’effrite dans la main.
En Catalogne, la vedette est ailleurs : le Caga Tió, un rondin de bois posé sur quatre petites pattes, coiffé d’une barretina rouge et affublé d’un large sourire. À partir du 8 décembre, les enfants le nourrissent chaque soir et le couvrent d’une couverture pour qu’il n’ait pas froid. Le soir de Noël, ils le frappent avec un bâton en chantant, jusqu’à ce qu’il « rende » les friandises cachées dessous.
Noël en Allemagne et en Autriche : marchés, saint Nicolas et Krampus

En Allemagne, la période de Noël commence avec l’Avent et se caractérise par l’ouverture des célèbres marchés de Noël. Ces marchés, qui se tiennent dans presque toutes les villes allemandes, proposent des produits artisanaux, des spécialités culinaires et bien sûr, du vin chaud.
On y croise aussi les fameuses maisons en pain d’épices, ces petits châlets comestibles que les familles montent et décorent ensemble. Dans le sud catholique, ce n’est pas le Weihnachtsmann qui apporte les cadeaux mais le Christkind, l’Enfant Jésus représenté sous les traits d’un ange blond.
Le 6 décembre est un jour très spécial pour les enfants allemands. C’est la fête de la Saint-Nicolas, qui récompense les enfants sages avec des cadeaux glissés dans les chaussures préparées la veille au soir. Les désobéissants, eux, reçoivent du charbon de la part du sinistre Knecht Ruprecht, le compagnon de saint Nicolas.
Dans les Alpes autrichiennes et bavaroises, ce compagnon prend un visage nettement plus effrayant : le Krampus, créature cornue et velue qui défile dans les rues le 5 décembre au soir, la Krampusnacht. Les Krampuslauf, ces cortèges de masques sculptés dans le pin cembro, attirent des milliers de spectateurs dans la vallée de Gastein. Âmes sensibles s’abstenir, les plus jeunes enfants regardent souvent depuis les épaules d’un parent.
Noël en Scandinavie : la Sainte-Lucie, le tomte et les lutins islandais
Dans les pays nordiques, les fêtes de fin d’année commencent tôt avec la Sainte-Lucie, le 13 décembre. Ce jour-là, des cortèges d’enfants défilent vêtus de blanc, une couronne de bougies sur la tête, en distribuant des brioches au safran appelées lussekatter. Curiosité de l’histoire : sainte Lucie était une martyre de Syracuse, en Sicile, et c’est pourtant en Suède que sa fête est devenue une institution.
Le vrai héros du Noël nordique reste le lutin de la ferme : jultomten en Suède, julenissen en Norvège, julemanden au Danemark. Selon la tradition, il apporte les cadeaux aux enfants sages le soir du 24 décembre. On lui laisse une assiette de riz au lait dans les maisons pour le remercier de ses présents. En Finlande, il s’appelle Joulupukki, littéralement le « bouc de Noël », souvenir d’une figure bien moins aimable qu’aujourd’hui.
L’Islande, elle, ne se contente pas d’un seul distributeur de cadeaux : elle en compte treize. Les jólasveinar, les Yule Lads, sont les fils de l’ogresse Grýla. Ils descendent de la montagne un par un à partir du 12 décembre et repartent après les fêtes. Chaque soir, les enfants posent une chaussure sur le rebord de la fenêtre : ils y trouvent une friandise s’ils ont été sages, une pomme de terre pourrie sinon. Le 24 au soir, les Islandais s’offrent des livres et passent la nuit à lire, c’est le jólabókaflóð, le « déluge de livres de Noël ».
Noël en Pologne et en Europe centrale : la Wigilia et la douzième assiette
En Pologne, tout se joue le 24 décembre au soir, lors de la Wigilia. On ne passe à table qu’une fois la première étoile apparue dans le ciel, en souvenir de l’étoile de Bethléem. Le repas commence par le partage de l’opłatek, une fine gaufre de pain azyme que chacun rompt avec les autres convives en leur adressant ses vœux.
Le menu compte douze plats sans viande, un par apôtre : soupe de betterave, carpe, pierogi, compote de fruits secs. Et il y a toujours une assiette de plus que de convives, laissée vide pour le voyageur qui frapperait à la porte. Cette coutume vient aussi des périodes où les familles polonaises espéraient le retour d’un proche parti loin. La même idée se retrouve en Ukraine, où le réveillon s’appelle Sviata Vecheria et s’ouvre sur la koutia, un dessert de blé, de pavot et de miel.
Noël en Russie et dans les pays orthodoxes : Ded Moroz et le 7 janvier
En Russie, celui qui apporte les cadeaux est Ded Moroz, le « grand-père Gel », vêtu d’une longue houppelande bleue ou rouge et accompagné de sa petite-fille Snegourotchka, la Demoiselle des neiges. Particularité héritée de la période soviétique, où les fêtes religieuses étaient interdites : il passe la nuit du 31 décembre au 1er janvier et dépose les paquets sous le iolka, le sapin du Nouvel An.
Le Noël religieux, lui, tombe le 7 janvier, parce que l’Église orthodoxe russe suit toujours le calendrier julien, en retard de treize jours sur le nôtre. Même date en Serbie, en Géorgie et en Éthiopie. L’Ukraine a fait le choix inverse : une loi de juillet 2023 a déplacé la fête officielle au 25 décembre, et les Ukrainiens l’ont célébrée à cette date pour la première fois en décembre 2023. La Grèce, elle, fête bien Noël le 25 décembre : son Église a adopté le calendrier julien révisé en 1924.
Les traditions de Noël en Amérique
Les traditions de Noël sur le continent américain sont aussi variées que le continent lui-même. Aux États-Unis et au Canada, Noël est célébré avec beaucoup de ferveur. Les maisons sont décorées de lumières et de guirlandes dès le lendemain de Thanksgiving, et le Sapin de Noël occupe une place centrale dans le salon. La tradition du père Noël est très présente, avec des enfants qui lui écrivent des lettres pour lui demander des cadeaux.
En Amérique latine, les traditions varient également avec souvent une forte connotation chrétienne, et une saison qui s’étire de début décembre à l’Épiphanie. Le climat change tout : au sud de l’équateur, le réveillon se passe en t-shirt.
Noël aux États-Unis : Santa Claus et les Christmas carols

Aux États-Unis, Noël est une fête grandiose et très commerciale. Les maisons sont décorées de milliers de lumières, les centres commerciaux accueillent le Père Noël, alias Santa Claus, et les enfants lui écrivent des lettres pour lui demander leurs cadeaux. C’est d’ailleurs outre-Atlantique que s’est fixée son apparence actuelle, et la raison pour laquelle il est habillé en rouge tient beaucoup à l’imagerie américaine du XXe siècle.
Le repas du soir comprend généralement de la dinde, du jambon, des patates douces et de la tarte à la citrouille. Autre tradition bien ancrée : les Christmas carols, ces chants de Noël entonnés de porte en porte par des groupes d’enfants et d’adultes.
Noël au Mexique : les posadas et les piñatas
Au Mexique, les célébrations débutent le 16 décembre avec les posadas, neuf soirées de processions qui rejouent la recherche d’un abri par Marie et Joseph à Bethléem. Les voisins se reçoivent à tour de rôle, on chante devant la porte avant d’être invité à entrer, puis on partage le ponche, un punch chaud aux fruits.
Vient ensuite le moment préféré des enfants : la piñata. La version traditionnelle porte sept pointes, censées représenter les sept péchés capitaux que l’on frappe les yeux bandés. Le Mexique a aussi offert au monde une fleur devenue le symbole rouge des fêtes : l’étoile de Noël, que les Mexicains appellent flor de Nochebuena. Les cadeaux, eux, arrivent souvent le 6 janvier avec les Rois Mages.
Noël au Vénézuela, en Colombie et au Brésil
À Caracas, du 16 au 24 décembre, on se rend aux misas de aguinaldo, les messes de l’aurore, en patins à roulettes. Certains quartiers ferment leurs rues à la circulation au petit matin pour laisser passer les fidèles. La coutume remonte aux années 1950 et s’accompagne d’un détail savoureux : les enfants laissent pendre une ficelle attachée à leur orteil par la fenêtre, pour que les patineurs qui rentrent de la messe les réveillent en tirant dessus. Au menu du réveillon, les hallacas, des papillotes de pâte de maïs cuites dans des feuilles de bananier.
En Colombie, tout part du 7 décembre et de ses bougies alignées sur les trottoirs. Au Brésil, Noël se fête en plein été austral : Papai Noel arrive parfois en hélicoptère dans les stades, on échange des cadeaux au sein d’un amigo secreto tiré au sort, et le panettone italien a conquis toutes les tables.
Célébrer Noël en Asie
En Asie, Noël n’est généralement pas célébré de la même manière qu’en Occident, notamment parce que les chrétiens y sont minoritaires. Dans certains pays comme les Philippines, la Corée du Sud ou le Japon, la fête a pourtant pris une place étonnante.
Les Philippines : Simbang Gabi et lanternes étoilées
Aux Philippines, pays le plus chrétien d’Asie, Noël est une grande fête qui commence dès septembre et se termine en janvier. Les festivités culminent avec la Simbang Gabi, aussi appelée Misa de Gallo, une série de neuf messes matinales qui débutent le 16 décembre et s’achèvent le 24 au petit matin. À la sortie, on achète des bibingka et des puto bumbong, des gâteaux de riz vendus sur le parvis.
Le Japon : poulet frit et gâteau aux fraises
Au Japon, où le 25 décembre n’est même pas férié, Noël est perçu comme une fête romantique, plus proche de la Saint-Valentin que d’une célébration familiale. Les couples réservent un restaurant pour le soir du 24 et échangent des cadeaux.
Le repas typique tient en deux éléments. D’abord un seau de poulet frit KFC, héritage d’une campagne publicitaire lancée à l’échelle nationale en 1974 sous le slogan « Kurisumasu ni wa Kentakkī », du Kentucky pour Noël. Le 24 décembre est aujourd’hui le jour le plus chargé de l’année pour l’enseigne au Japon. Ensuite le Christmas cake, une génoise à la crème et aux fraises, commandée des semaines à l’avance.
Les traditions de Noël en Afrique
En Afrique, les traditions de Noël varient d’un pays à l’autre, selon les influences culturelles et religieuses. Le point commun : la fête se vit dehors, en communauté, avec beaucoup de chants et de danses.
En Éthiopie, Noël s’appelle Genna et se célèbre le 7 janvier, selon le calendrier de l’Église orthodoxe éthiopienne. Les fidèles se rassemblent en habit blanc traditionnel, le netela, pour une messe qui dure souvent toute la nuit, en particulier à Lalibela et ses églises creusées dans la roche. Le jour même, on partage l’injera et le doro wat, un ragoût de poulet relevé.
En Afrique du Sud, Noël tombe en plein été. Les familles se rassemblent autour d’un braai, le barbecue local, souvent dans le jardin ou sur la plage, et les enfants attendent le passage du père Noël. Le 26 décembre y est férié sous le nom de Journée de la bonne volonté. Au Ghana et au Nigeria, les églises organisent des veillées chantées et l’on porte des tenues neuves le 25.
Les traditions de Noël en Océanie
Si vous passez Noël en Australie ou en Nouvelle-Zélande, préparez-vous à un dépaysement total. Ici, Noël se fête en plein été. Les traditions britanniques sont bien présentes, avec le père Noël et les décorations, mais adaptées au climat local.
Le repas de Noël se déroule souvent à l’extérieur, autour d’un barbecue, et il n’est pas rare de célébrer Noël à la plage. En Nouvelle-Zélande, le Pohutukawa, un arbre aux fleurs rouges qui s’épanouissent pile à cette période, sert d’arbre de Noël et a gagné le surnom d’arbre de Noël néo-zélandais.
Noël en Australie : barbecue, plage et Carols by Candlelight
Pas de neige ni de sapin enneigé pour Noël en Australie : la fête tombe en plein été austral. Les Australiens préfèrent donc célébrer Noël à la plage ou autour d’un barbecue. Les cadeaux sont échangés le matin du 25, et le repas se compose souvent de fruits de mer, de salades et de desserts glacés, dont la fameuse pavlova. La veille de Noël, des milliers de familles se retrouvent en plein air pour les Carols by Candlelight, des concerts de chants à la bougie.
Comment s’appelle le Père Noël selon les pays ?
Le personnage change de nom, de vêtement et parfois de date de passage d’une frontière à l’autre. Voici les principaux noms du Père Noël dans le monde, de quoi impressionner la tablée le soir du réveillon.
- France : le Père Noël, dans la nuit du 24 au 25 décembre
- États-Unis et Canada : Santa Claus, souvent raccourci en Santa
- Royaume-Uni : Father Christmas
- Allemagne et Autriche : le Weihnachtsmann, ou le Christkind dans les régions catholiques du sud
- Italie : Babbo Natale, secondé par la Befana le 6 janvier
- Espagne : Papá Noel, mais ce sont les Reyes Magos qui apportent l’essentiel des cadeaux
- Portugal et Brésil : Pai Natal et Papai Noel
- Pays-Bas : Sinterklaas le 5 décembre, puis le Kerstman à Noël
- Danemark, Norvège, Suède : Julemanden, Julenissen, Jultomten
- Finlande : Joulupukki, le « bouc de Noël »
- Islande : les treize jólasveinar, un par soir à partir du 12 décembre
- Russie : Ded Moroz et sa petite-fille Snegourotchka, au Nouvel An
- Grèce : Agios Vassilis, saint Basile, qui passe le 1er janvier
- Pologne : Święty Mikołaj, saint Nicolas
- Japon : Santa-san, prononcé à la japonaise
Quand fête-t-on Noël selon les pays ?
Le 25 décembre est loin d’être la seule date qui compte. Selon le pays, la vraie soirée à cocher sur le calendrier tombe parfois trois semaines plus tôt, parfois deux semaines plus tard. De quoi comprendre pourquoi Noël n’a pas partout le même caractère religieux selon les endroits.
- 5 et 6 décembre : saint Nicolas et Krampus en Allemagne, en Autriche, en Belgique, aux Pays-Bas, dans l’Est de la France et en Grèce
- 7 et 8 décembre : le Día de las Velitas en Colombie, le début du Tió en Catalogne
- 12 décembre : l’arrivée du premier Yule Lad en Islande
- 13 décembre : la Sainte-Lucie en Suède, en Norvège, au Danemark et en Finlande
- 16 au 24 décembre : les posadas au Mexique, la Simbang Gabi aux Philippines, les messes en rollers à Caracas
- 24 décembre : la Wigilia polonaise, le Heiligabend allemand, la remise des cadeaux en Scandinavie et en Amérique latine
- 25 décembre : la date la plus répandue, de la France à l’Australie, et en Ukraine depuis 2023
- 26 décembre : le Boxing Day au Royaume-Uni, en Irlande, au Canada, en Océanie et en Afrique du Sud
- 31 décembre et 1er janvier : Ded Moroz en Russie, saint Basile et la vasilopita en Grèce
- 6 janvier : l’Épiphanie, les Rois Mages en Espagne et la Befana en Italie
- 7 janvier : le Noël orthodoxe en Russie, en Serbie, en Géorgie et en Éthiopie
Ces écarts de calendrier tiennent à l’histoire des Églises et à la superposition d’anciennes fêtes d’hiver. Le mot lui-même raconte cet héritage : si l’étymologie vous intéresse, voyez ce que veut dire Noël.
La symbolique du sapin de Noël à travers le monde

Le sapin de Noël est un élément central des festivités de fin d’année dans de nombreux pays, mais son histoire et son statut changent d’un endroit à l’autre. De l’Europe à l’Amérique en passant par l’Océanie, cet arbre symbole de vie est revêtu de mille feux pour égayer les maisons pendant la période de Noël.
En Europe, l’origine du sapin de Noël remonte à l’Allemagne du Moyen Âge. Les Celtes utilisaient déjà les branches de conifère, symbole de vie, lors des fêtes du solstice d’hiver. Au XVIe siècle, les familles d’Alsace décorent un sapin avec des fruits et des noix. La coutume se propage ensuite dans toute l’Europe et les décorations se diversifient, des boules brillantes aux cannes en sucre d’orge accrochées aux branches.
Au Royaume-Uni, le premier sapin est attribué à la reine Charlotte, épouse allemande du roi George III, qui en fait dresser un à Windsor en 1800 pour une fête d’enfants. La coutume reste alors une curiosité de cour. C’est le prince Albert, lui aussi allemand, qui la popularise dans les années 1840 : les gravures de la famille royale autour de son sapin font le tour de la presse victorienne, et le pays entier adopte l’arbre.
En Amérique du Nord, les premiers sapins de Noël apparaissent avec les communautés germaniques installées en Pennsylvanie. Aujourd’hui, la décoration du sapin est un moment fort des préparatifs, et les villes rivalisent de géants illuminés, à commencer par celui du Rockefeller Center à New York, allumé chaque année début décembre.
En Australie et en Nouvelle-Zélande, où Noël se fête en plein été, le Pohutukawa et ses fleurs écarlates tiennent souvent lieu d’arbre de Noël. Les traditions britanniques restent présentes, mais réécrites pour un réveillon à trente degrés.
Saint Nicolas, le précurseur du Père Noël
Avant le Père Noël, il y avait saint Nicolas. Évêque de Myre, en actuelle Turquie, au IVe siècle, il a la réputation de secourir les enfants et les marins. Cette figure a inspiré le personnage jovial et généreux que nous connaissons, et sa fête reste très vivante dans plusieurs pays.
En Belgique et aux Pays-Bas, saint Nicolas est célébré le 6 décembre. À cette occasion, les enfants reçoivent des cadeaux de ce saint patron des écoliers. La veille, ils déposent leurs chaussures près de la cheminée, avec une carotte pour le cheval, en espérant y trouver des friandises au réveil. Aux Pays-Bas, Sinterklaas arrive même par bateau à la mi-novembre, retransmis en direct à la télévision.
En France, surtout dans l’Est et le Nord, la Saint-Nicolas est une fête très populaire. Nancy, Metz, Saint-Nicolas-de-Port ou Lille organisent défilés et chars illuminés, et les enfants reçoivent pain d’épices, mandarines et petits cadeaux.
En Allemagne, saint Nicolas (Sankt Nikolaus) est aussi très attendu. Les enfants préparent leurs chaussures la nuit précédant le 6 décembre, en espérant y trouver les cadeaux du saint plutôt que le charbon de son compagnon.
C’est cette figure qui a donné naissance au Père Noël américain : les colons néerlandais de La Nouvelle-Amsterdam, future New York, ont emporté leur Sinterklaas avec eux, dont le nom s’est peu à peu déformé en Santa Claus.
Une seule fête, mille façons de la vivre
Noël est célébré sur les cinq continents, et chaque pays, chaque région, voire chaque famille, a façonné ses propres traditions à partir de son histoire, de son climat et de ses croyances. Du sapin alsacien aux lanternes philippines, des posadas mexicaines aux treize lutins islandais, ce sont autant de façons de traverser la nuit la plus sombre de l’année en s’éclairant les uns les autres.
Piochez dans cette liste pour votre prochain réveillon : une douzième assiette laissée vide à la polonaise, une piñata pour les enfants, un livre offert le 24 au soir comme en Islande. Les plus belles traditions de Noël sont celles que l’on décide d’inventer chez soi.
Foire aux questions
Aucun classement officiel n’existe, mais quelques pays reviennent toujours : les Philippines, qui décorent dès le 1er septembre, les États-Unis et leurs quartiers illuminés comme Dyker Heights à Brooklyn, l’Allemagne et ses plus de 3 000 marchés de Noël, la Colombie avec les alumbrados de Medellín, et le Royaume-Uni dont les grandes artères s’allument dès novembre.
Le socle est partout le même : un repas de fête, des cadeaux et des lumières. Ce qui change, c’est la date, le menu et le personnage qui apporte les cadeaux. On mange de la carpe en Pologne, du poulet frit au Japon, des hallacas au Vénézuela et des fruits de mer en Australie.
Santa Claus aux États-Unis, Father Christmas au Royaume-Uni, Weihnachtsmann en Allemagne, Babbo Natale en Italie, Papá Noel en Espagne, Ded Moroz en Russie, Joulupukki en Finlande et Agios Vassilis, saint Basile, en Grèce. L’Islande, elle, en compte treize d’un coup.
Parce que plusieurs Églises orthodoxes suivent encore le calendrier julien, en décalage de treize jours avec le calendrier grégorien. C’est le cas en Russie, en Serbie, en Géorgie et en Éthiopie. La Grèce, qui a adopté le calendrier julien révisé en 1924, fête bien Noël le 25 décembre.
Aux Philippines, sans discussion. La saison s’ouvre le 1er septembre avec les « ber months », ces mois dont le nom se termine en ber, et ne s’achève qu’en janvier. Cela représente près de quatre mois de chants, de lanternes et de décorations.
Les messes de l’aurore en patins à roulettes à Caracas, le Caga Tió catalan que les enfants frappent avec un bâton pour en faire tomber les cadeaux, le déluge de livres islandais le 24 au soir, et le seau de poulet frit KFC commandé des semaines à l’avance au Japon.
Difficile à chiffrer précisément. On compte plus de deux milliards de chrétiens dans le monde, mais Noël déborde largement le cadre religieux : au Japon ou en Corée du Sud, la fête est célébrée de façon commerciale et romantique par des populations très peu chrétiennes.
Oui, plusieurs. Au Japon, le 25 décembre est un jour de travail ordinaire, les festivités se concentrent sur la soirée du 24. En Chine continentale, Noël ne figure pas non plus parmi les jours fériés nationaux, même si les grandes villes sortent décorations et sapins.
Trois idées faciles à mettre en place : laisser une assiette supplémentaire à table comme en Pologne, offrir un livre le 24 au soir et lire ensemble comme en Islande, ou fabriquer une lanterne en étoile inspirée du parol philippin avec du papier de soie.
Claire Noël
Rédactrice principale de combiendejoursavantnoel.com. Passionnée de Noël depuis toujours, je réinvente chaque année la déco de ma maison autour d'un nouveau thème et je régale mes proches de sablés de Noël. Je partage ici mes traditions, recettes et idées testées chez moi pour que la magie de décembre dure le plus longtemps possible.












