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Préparer Noël

Pourquoi le Père Noël est-il habillé en rouge ?

Publié le 20 avril 2026 Par Claire Noël Mis à jour le 20 août 2026
Découvrez pourquoi le Père Noël porte du rouge. Un article fascinant qui révèle les origines et les influences culturelles de sa célèbre tenue.

L’essentiel à retenir 🎄

Pourquoi le Père Noël est-il habillé en rouge ? Contrairement à l’idée reçue, Coca-Cola n’a rien inventé : l’illustrateur américain Thomas Nast dessine déjà un Santa Claus en costume rouge bordé de fourrure blanche en 1869, plus de soixante ans avant la campagne d’Haddon Sundblom de 1931. La couleur vient de saint Nicolas, évêque de Myre au IVᵉ siècle, dont la tenue liturgique était rouge. La marque de soda a seulement rendu cette image rouge et blanche universelle.

Noël est traditionnellement représenté par des couleurs vives et joyeuses, le rouge en tête. On l’associe spontanément au Père Noël, ce personnage tant aimé des enfants qu’on imagine toujours vêtu de rouge. Mais d’où vient cette couleur ? Pourquoi le Père Noël est-il habillé en rouge ? Le rôle de Saint Nicolas, des illustrateurs américains du XIXᵉ siècle et bien sûr de Coca-Cola dans la popularisation de cette tenue va vous aider à démêler le vrai du faux.

L’héritage de Saint Nicolas

Avant de devenir le Père Noël que nous connaissons, le personnage a eu une longue et riche histoire. Il prend racine dans la figure de Saint Nicolas, évêque de Myre au IVᵉ siècle, vénéré dans de nombreux pays du nord de l’Europe. Saint Nicolas est le patron des enfants et un distributeur de cadeaux légendaire.

Ce saint est souvent représenté vêtu de rouge, couleur symbolisant le pouvoir, la richesse et le sang du Christ dans la tradition chrétienne. Le rouge est aussi traditionnellement associé à la tenue épiscopale. C’est donc Saint Nicolas qui a initié la coutume de la couleur rouge pour notre personnage, bien avant l’arrivée de Coca-Cola sur la scène.

Les premières traces de la tradition

Cette tradition remonte à près d’un millénaire, et certaines régions d’Europe continuent encore aujourd’hui de célébrer la Saint-Nicolas le 6 décembre (Alsace, Lorraine, Belgique, Pays-Bas, Allemagne). Saint Nicolas est parfois accompagné par le Père Fouettard (équivalent du Schmutzli suisse ou du Zwarte Piet néerlandais), personnage repoussant qui menaçait les enfants désobéissants. Cette association apparaît entre le XVIᵉ et le XVIIIᵉ siècle selon les régions.

Certains folkloristes rapprochent Saint Nicolas du dieu scandinave Odin, qui voit tout et chevauche Sleipnir, un cheval à huit jambes capable de filer dans les airs. Ce rapprochement reste une hypothèse discutée par les historiens, mais l’image de la chevauchée nocturne a pu nourrir celle du traîneau et des rennes. Saint Nicolas, lui, est déjà représenté avec des vêtements rouges qui annoncent la silhouette du Père Noël moderne.

La transformation de Saint Nicolas en Santa Claus

C’est aux États-Unis que l’image de Santa Claus s’est progressivement dessinée. Le personnage entre dans l’imaginaire collectif en 1809, lorsque l’écrivain Washington Irving évoque pour la première fois Saint Nicolas se déplaçant à cheval dans les airs et distribuant des cadeaux aux enfants par les cheminées dans son livre Knickerbocker’s History of New York.

L’évolution du personnage américain

Treize ans plus tard, en 1822, Clement Clarke Moore écrit pour ses propres enfants une petite histoire de Noël, A Visit from St. Nicholas, restée célèbre sous le titre The Night Before Christmas. Le poème paraît anonymement le 23 décembre 1823 dans le journal Troy Sentinel : il installe pour de bon le traîneau, les huit rennes et la descente par la cheminée. Moore n’en revendiquera la paternité qu’en 1844, et certains chercheurs l’attribuent encore à Henry Livingston Jr. Le peintre Robert Walter Weir en donne vers 1837 une première version peinte, un saint Nicolas espiègle et très hollandais, encore loin du bonhomme joufflu en rouge.

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Thomas Nast est le premier illustrateur à représenter le Santa Claus moderne, le 3 janvier 1863, dans Harper’s Weekly, avec une gravure intitulée Santa Claus in Camp. Les pages du journal étant imprimées en noir et blanc, la couleur apparaît ailleurs : dès 1869, les chromolithographies que Nast réalise pour le recueil Santa Claus and His Works (sur un poème de George P. Webster) montrent un Père Noël en costume rouge bordé de fourrure, avec bonnet doublé et large ceinture noire à grosse boucle. Le 1ᵉʳ janvier 1881, sa gravure Merry Old Santa Claus fixe le reste de la panoplie : barbe blanche, gros sac à jouets et bedaine généreuse. Soit plus de soixante ans avant la première campagne Coca-Cola.

Première illustration moderne du Père Noël par Thomas Nast en janvier 1863
Illustration de Santa Claus par Thomas Nast en janvier 1863

Pourquoi le Père Noël est-il rouge et blanc ?

On parle toujours du rouge, presque jamais du blanc. Pourtant le costume ne tient que grâce aux deux. Le rouge vient de la tenue d’évêque de saint Nicolas ; le blanc, lui, est celui de la fourrure qui borde le manteau, le bonnet, les poignets et le bas de la veste.

Cette bordure fourrée est déjà là chez Thomas Nast en 1869, avec le bonnet doublé et la ceinture noire à grosse boucle. Elle rappelle les vêtements d’hiver du nord de l’Europe, où l’on double capuches et manteaux de fourrure pour affronter le froid. Plutôt logique, pour un personnage censé passer la nuit du 24 décembre dehors, en traîneau.

Le duo a aussi un avantage très pratique : le blanc découpe la silhouette rouge et la rend lisible de loin, même sur une petite vignette de carte de vœux ou une affiche. La barbe blanche complète le tableau. C’est cette lisibilité qui explique que le rouge et blanc ait survécu à tous les autres essais, du vert au brun, et qu’il serve aujourd’hui de code couleur à toute la décoration de Noël, des boules du sapin aux chaussettes de Noël suspendues à la cheminée.

Le rôle de Coca-Cola dans l’évolution du personnage

Bien que le rouge devienne peu à peu la couleur dominante de Santa Claus en Amérique dès la fin du XIXᵉ siècle, la marque Coca-Cola a effectivement utilisé ce personnage populaire en rouge pour promouvoir ses produits. Une coïncidence de couleur qui a fini par lier les deux dans l’imaginaire collectif.

Mais attribuer l’origine du costume rouge au seul marketing de Coca-Cola serait erroné. En 1931, Coca-Cola commande à l’illustrateur Haddon Sundblom une série de visuels mettant en scène un Santa Claus jovial portant les couleurs caractéristiques de la marque, pour renforcer son image commerciale en plein hiver, période traditionnellement creuse pour les boissons gazeuses.

Première illustration du Père Noël Coca-Cola par Haddon Sundblom en 1931 dans The Saturday Evening Post
Première image Coca-Cola du Père Noël créée par Haddon Sundblom, parue en 1931 dans The Saturday Evening Post

Sundblom va décliner cette représentation pendant plus de trente ans, dans des centaines d’illustrations diffusées dans le monde entier. C’est cette image du Père Noël jovial, à la barbe blanche et au costume rouge, qui s’est imposée à grande échelle et qui est restée gravée dans l’imaginaire collectif. Mais le costume rouge, lui, existait bien avant.

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Quand le Père Noël est-il devenu rouge ? La chronologie

Si vous cherchez une date unique à donner à vos enfants, elle n’existe pas vraiment : le costume s’est imposé par étapes, sur près d’un siècle et demi. Voici les jalons à retenir pour savoir quand le Père Noël est devenu rouge.

  • 1809 : Washington Irving fait voler saint Nicolas au-dessus des toits de New York dans son Knickerbocker’s History of New York.
  • 23 décembre 1823 : le poème A Visit from St. Nicholas paraît anonymement dans le Troy Sentinel et installe le traîneau, les rennes et la cheminée.
  • vers 1837 : Robert Walter Weir peint un saint Nicolas encore hollandais et espiègle, sans costume rouge.
  • 3 janvier 1863 : Thomas Nast publie Santa Claus in Camp dans Harper’s Weekly : c’est la première image du Santa Claus moderne, en noir et blanc.
  • 1869 : Nast illustre en couleurs Santa Claus and His Works. Le manteau rouge bordé de fourrure blanche est là. C’est la date clé.
  • années 1880 : les cartes de Noël imprimées par Louis Prang diffusent massivement ce Père Noël rouge dans les foyers américains.
  • 1er janvier 1881 : Merry Old Santa Claus, toujours de Nast, fixe la panoplie complète : barbe, sac de jouets, bedaine.
  • 1931 : Coca-Cola commande ses visuels à Haddon Sundblom et exporte l’image dans le monde entier.
  • après 1945 : le personnage s’installe vraiment dans les familles françaises.
  • 23 décembre 1951 : une effigie du Père Noël est brûlée devant la cathédrale de Dijon : le rouge et blanc a déjà gagné, mais il dérange.

Si vous ne deviez retenir qu’une année, ce serait donc 1869 : c’est là que le rouge du Père Noël apparaît noir sur blanc, ou plutôt en couleurs, sur une image imprimée. Tout le reste, campagne de 1931 comprise, n’a fait qu’amplifier le mouvement. Un détail que les enfants adorent glisser dans la conversation, par exemple quand ils préparent leur appel au Père Noël.

Le Père Noël en France

En France, le Père Noël est lui aussi un personnage central des fêtes de fin d’année. Il distribue des cadeaux aux enfants sages, à qui ces derniers peuvent envoyer leur lettre chaque année.

Le Père Noël français est lui aussi habillé en rouge, tout comme son homologue américain. Cette continuité chromatique tient à l’influence des illustrations américaines (et de Coca-Cola), mais aussi au fait que le rouge est une couleur traditionnellement associée à Noël en France. C’est notamment la couleur de Saint Nicolas, personnage très populaire dans l’Est et le Nord de la France, en Alsace et en Lorraine particulièrement.

Le personnage reste pourtant un nouveau venu de ce côté de l’Atlantique : il s’installe vraiment dans les foyers français après 1945, porté par le cinéma, la publicité et les images venues des États-Unis. Son succès a même provoqué une réaction spectaculaire : le 23 décembre 1951, une effigie du Père Noël de 2,50 mètres a été pendue puis brûlée sur le parvis de la cathédrale Saint-Bénigne de Dijon, avec l’accord du clergé, qui lui reprochait d’éclipser le sens religieux de la fête. L’épisode a fait la une des journaux et inspiré à l’ethnologue Claude Lévi-Strauss un texte resté célèbre, Le Père Noël supplicié, publié en 1952 dans Les Temps modernes. Soixante-dix ans plus tard la querelle est retombée, et Noël reste une fête à la fois religieuse et populaire.

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Une légende façonnée par les siècles

Au fil des siècles, la tradition millénaire de Saint Nicolas s’est transformée par étapes sur différents continents pour donner naissance au Père Noël moderne. De Nicolas de Myre à Odin, en passant par Washington Irving, Clement Clarke Moore, Thomas Nast et enfin Haddon Sundblom, la légende du Père Noël a évolué en symbiose avec les cultures et les modes successives. Au point que certaines rumeurs persistent encore, comme celle qui attribuerait à Coca-Cola la paternité du costume rouge, alors que la couleur précède la marque de plusieurs décennies. Pour aller plus loin, découvrez aussi l’origine du mot Noël.

Foire aux questions sur la tenue rouge du Père Noël

Non, c’est une idée reçue très répandue. Thomas Nast dessine déjà un Père Noël en costume rouge bordé de fourrure blanche en 1869, soit plus de soixante ans avant la première campagne Coca-Cola. La marque a popularisé l’image avec Haddon Sundblom à partir de 1931, mais ne l’a pas inventée.

Thomas Nast est un illustrateur américain d’origine allemande, célèbre pour ses dessins politiques dans Harper’s Weekly. Entre 1863 et 1886, il a fixé l’image moderne du Père Noël : barbe blanche, costume rouge, atelier au pôle Nord et liste des enfants sages.

Saint Nicolas, évêque de Myre au IVᵉ siècle, est l’ancêtre direct du Père Noël. Sa générosité envers les enfants, sa tenue rouge épiscopale et son rôle de distributeur de cadeaux ont inspiré le Sinterklaas néerlandais, devenu Santa Claus aux États-Unis, puis le Père Noël moderne.

Le rouge est historiquement la couleur des évêques (dont Saint Nicolas), symbole de pouvoir et de richesse dans l’Antiquité, et du sang du Christ dans la tradition chrétienne. Cette association ancienne explique que les premières représentations du Père Noël aient naturellement adopté cette couleur.

La bascule se joue aux États-Unis entre 1863 et 1881. Thomas Nast le dessine pour la première fois en janvier 1863, en noir et blanc, puis en costume rouge dès les chromolithographies de 1869. Les cartes de Noël de Louis Prang répandent ce modèle dans les années 1880, et la campagne Coca-Cola de 1931 le rend universel.

Le rouge vient de la tenue d’évêque de saint Nicolas ; le blanc est celui de la fourrure qui borde le manteau, le bonnet et les poignets, déjà présente chez Thomas Nast en 1869 et proche des vêtements d’hiver du nord de l’Europe. Le contraste est resté parce qu’il se repère au premier coup d’œil, même sur une petite image.

Le 23 décembre 1951, une effigie de 2,50 mètres a été pendue puis brûlée sur le parvis de la cathédrale Saint-Bénigne, avec l’accord du clergé qui reprochait au personnage d’éclipser le sens religieux de Noël. L’affaire a fait la une des journaux et inspiré à Claude Lévi-Strauss un texte célèbre, Le Père Noël supplicié, publié en 1952 dans Les Temps modernes.

Oui, dans les représentations anciennes il portait du vert, du brun, du violet ou du bleu selon les régions et les illustrateurs. Thomas Nast l’a lui-même croqué en vert avant d’imposer le rouge. Cette couleur ne s’est généralisée qu’à la toute fin du XIXᵉ siècle aux États-Unis, puis dans le monde entier au XXᵉ siècle.

Il descend des bonnets de nuit souples portés en Europe au XIXᵉ siècle, que l’on rapproche parfois du bonnet phrygien. Thomas Nast le coiffe d’un bonnet doublé de fourrure dès 1869, et les images d’Haddon Sundblom pour Coca-Cola ont ensuite figé ce détail dans le monde entier.

Haddon Sundblom est l’illustrateur américain à qui Coca-Cola a commandé les fameuses publicités du Père Noël de 1931 à 1964. Pendant plus de trente ans, il a peint le Père Noël jovial à la barbe blanche que l’on connaît, contribuant à imposer cette image dans le monde entier.

Claire Noël

Rédactrice principale de combiendejoursavantnoel.com. Passionnée de Noël depuis toujours, je réinvente chaque année la déco de ma maison autour d'un nouveau thème et je régale mes proches de sablés de Noël. Je partage ici mes traditions, recettes et idées testées chez moi pour que la magie de décembre dure le plus longtemps possible.

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